LGV Rhin Rhône - branche est
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Paroles d'expert

Peter Füglistaler - Directeur de l'Office fédéral des transports (Suisse)

La Suisse cofinance une infrastructure qui ne se trouve pas sur son territoire. Quel intérêt présente ce projet pour votre pays ?
La branche Est du TGV Rhin-Rhône accélère nettement les liaisons vers Paris à partir du nord-ouest et de l’est de la Suisse, via Zurich et Bâle. C’est pourquoi la Confédération a décidé d’investir 100 millions de francs suisses* dans sa construction. Ce tronçon constitue en outre un préalable à l’amélioration à terme du tracé depuis Dijon (branche Ouest), ainsi que des raccordements vers Lyon (branche Sud). Et grâce à de tels aménagements, une bonne partie de la Suisse romande et alémanique pourrait là encore gagner du temps.

En quoi cette nouvelle liaison peut-elle s’inscrire dans une politique ferroviaire plus large de désenclavement de la Suisse ?
De par sa situation centrale en Europe et l’accent mis sur le rail dans sa politique des transports, la Suisse se doit d’avoir des liaisons internationales performantes. Les citoyens suisses ont approuvé en 1998 un crédit de plus de 1 milliard de francs destiné à intensifier le raccordement du réseau ferroviaire suisse aux lignes européennes à grande vitesse. Le but est de réduire les temps de parcours en direction de la France (Paris, Lyon) et de l’Allemagne (Stuttgart, Munich). Cela contribue du même coup à renforcer la compétitivité du rail face à l’avion. Nous avons donc aussi participé à la réhabilitation de la ligne du Haut-Bugey, qui permet de relier Genève à Paris en un petit peu plus de 3 heures depuis décembre 2010.

Quel peut être l’apport de cette LGV pour les cantons concernés ?
En plus des aspects économiques ou logistiques, il existe un seuil psychologique – environ 4 heures de trajet – à partir duquel il vaut la peine de prendre le train, d’autant qu’il vous conduit directement au cœur des villes. Réduire les distances favorise la mobilité, qu’il s’agisse de déplacements professionnels ou de loisirs. Logiquement, les cantons les plus proches de la nouvelle ligne comme le Jura et Bâle sont les mieux placés pour bénéficier de cet atout.

* Environ 75 millions d'euros