LGV Rhin Rhône - branche est
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Paroles d'expert

Alain Jourdain, Chef de la mission TGV Rhin-Rhône de septembre 1992 à janvier 1996

À l’époque où vous avez animé ce projet, les attentes étaient-elles grandes ? 
Oui, vingt ans en arrière, elles étaient déjà très fortes. Dijon, Besançon, Belfort-Montbéliard ou Mulhouse pouvaient se sentir à l’écart du centralisme parisien. Ayant renoncé à l’idée du ca- nal Rhin-Rhône, ces agglomérations ont souhaité s’affirmer à travers un grand projet fédérateur s’inscrivant dans une dynamique de modernité. La Franche-Comté voulait désenclaver son territoire et gagner en visibilité. Dijon, de son côté, avait été un peu oublié par le TGV Sud-est, et l’Alsace tenait à appuyer le développement de toutes les lignes à grande vitesse la concernant. 

Quel a été votre premier travail ? 
Nous avons mis cette LGV Rhin-Rhône “sur de bons rails” en créant les conditions d’une véritable concertation. Les difficultés rencontrées par le TGV Méditerranée en vallée du Rhône en 1990-1991 ont conduit l’État à fixer des règles pour tous les grands projets d’infrastructure. Étant les premiers à mettre en pratique la circulaire Bianco de décembre 1992, notre principale contribution fut d’implanter localement ce projet à travers ce processus innovant. Mon équipe ne comptait que sept personnes et, sans l’implication de chacun, cette LGV n’aurait peut-être jamais vu le jour. Il faut également rendre hommage aux animateurs essentiels qu’ont été, sous l’égide du préfet coordinateur, le Secrétaire Général à l’Action Régionale et le Directeur Régional de l’Équipement de Franche-Comté, ainsi que le président du comité de pilotage interrégional. Et je garde un souvenir chaleureux du rôle capital joué par Jean-Pierre Chevènement, pivot des premières discussions. 

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur cette belle réalisation ?
Très heureusement ces efforts ont porté, même si on a pu rêver d’aboutir dès 2002... Un décalage de dix ans lié à des facteurs financiers. Les régions desservies vont disposer d’un formidable levier de développement. Toute considération de part de marché des transports mise à part, les usagers du TGV constituent dans toutes les strates de la société un noyau très actif qui peut réellement changer la donne.